Une ambition assumée

L’économie circulaire est émergente sur le territoire et très souvent associée au secteur associatif, avec par exemple la vente de vêtements et objets de seconde main qui leur donne une nouvelle vie. Il est pourtant un secteur dans lequel elle s’épanouit : la filière bois.

Scierie à Montsinéry

Des projets de centrales de biomasse se multiplient sur le territoire, dont certaines ont la capacité de produire de l’électricité à partir des connexes d’exploitation de scieries, de défriches agricoles et urbaines. Les besoins croissants en espace comme en bois matériaux pour construire des infrastructures (écoles, logements, …) ainsi qu’en énergie laissent entrevoir de beaux jours à la filière biomasse. 

Mais avec des bois de Guyane particulièrement résistants aux attaques d’insectes et de champignons, du fait de la présence de molécules protectrices, les chercheurs se sont mobilisés pour réfléchir à une autre forme de valorisation.

Nadine Amusant, chercheur en Sciences du bois au CIRAD : « nous pensons, qu’avant de tout brûler, il est essentiel de valoriser cette ressource via l’extraction des biomolécules actives qui peuvent avoir une kyrielle d’applications pour divers marchés à haute valeur ajoutée, comme le secteur cosmétique. ».

Cette spécialiste de la valorisation des bois est convaincue depuis longtemps que les résultats des recherches peuvent sortir des laboratoires afin de contribuer au développement du territoire, à la structuration des filières notamment celles autour de la production des ingrédients naturels. Et c’est de ces réflexions que nait le projet ValorExtr@ct, financé par les fonds européens, en partenariat avec Guyane Développement Innovation et un industriel basé au Canada, Bioforextra Lucas Meyer Cosmetics, filiale de International Flavors and Fragances.

Pensé et développé dans une démarche écoresponsable, le projet s’inscrit dans le concept de chimie verte apparu aux États-Unis dans les années 90. Il s’agit d’utiliser des procédés et des produits qui ont le moins d’impacts possible sur l’environnement, pour une chimie plus sûre, moins polluante, moins énergivore.

Nadine Amusant : « Ce projet est un exemple parmi d’autres, car je rêve d’une Guyane qui démontre son expertise sur la connaissance de sa ressource, sur sa capacité à l’exploiter de façon écoresponsable pour une production de biens et de services de qualité vers des secteurs divers tout en veillant à être respectueux des piliers du développement durable qui sont la dimension environnementale, sociale et économique ».

A travers ce projet, c’est donc bien aussi la création d’un nouveau maillon dans la chaine de valeur de la filière bois, comme source d’ingrédients naturels pour des applications diverses, qui se joue ainsi qu’une démarche d’économie circulaire plus ambitieuse.-


Le projet ValorExtr@ct, coordonné par l’Unité Mixte de Recherche ÉCologie des Forêts Guyanaises (UMR ECoFoG) et porté par le CIRAD, bénéficie d’un financement européen FEDER.

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