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Une filière végétale en or

La diversification de la filière du Pin des Landes commence par un déclin, celui de la filière du bois de construction. Avec la concurrence des pays d’Europe du Nord et les effets de la tempête de 2009, la filière industrielle, pourtant ancienne mais déjà malmenée, décline. C’est la recherche en chimie végétale qui la sort de l’abime !

Les plantations de pin des Landes sont nées d’une vocation politique d’aménagement au service de l’industrie. Dans un premier temps, il s’agissait de la fabrication de gemme (résine) : les ouvriers produisaient alors essence de térébenthine et colophane utilisés dans la préparation de colle, savon, encre d’imprimerie, plastifiant et vernis.

Puis ces activités laissèrent place à une production de bois pour la papèterie. C’est à cette époque que des essais en Guyane laissèrent les quelques hectares de plantation de pins à l’entrée de Sinnamary. Le marché de la pâte à papier est mondial, ainsi que la demande de bois d’œuvre. La région aquitaine se retrouve ainsi concurrencée par les grands industriels nord-américains ou scandinaves, la Russie, le Brésil ou encore l’Asie. Et malgré une demande croissante de pays émergeants, cette industrie qui exige des investissements lourds en capitaux (coûts des machines) se concentre entre les mains de quelques-uns avec moins de main d’œuvre et moins d’emplois induits.

Ce sont les investissements, dès les années 60-70, en recherche et développement qui s’avéreront payants. En effet, à cette époque déjà, les chercheurs s’intéressent aux propriétés des composants chimiques de l’écorce de ce pin. Anti-oxydant, anti-âge, anti-inflammatoire, asthme, … Les bénéfices de l’extrait d’écorce de pin maritime des Landes sont diverses et deviennent une mine d’or pour les sociétés qui exploitent le Pycnogenol®, sorte de cocktail de chimie végétale spécifique à Pinus pineaster.

L’écorce des pins est retirée des troncs au début de la chaîne de transformation du bois ; les rameaux et les aiguilles sont soigneusement collectés après découpe du bois dans les scieries. Le déchet devient co-produit . Et un co-produit à très forte valeur ajoutée ! 300 000 tonnes d’écorces par an permettent de produire environ 30 tonnes d’extraits des précieuses molécules. La maitrise de leur extraction, la valorisation des « déchets » a permis, en quelques années, de redonner un souffle à la filière bois avec la création de 28 000 emplois en grande partie qualifiés !

La suite n’a fait que s’amplifier : complément alimentaire, cosmétique, aliment (phytostérols, extraits du tronc entrant dans la composition de yaourt ou margarine dites anti cholestérol), alicaments (jus d’ananas ou de litchi enrichis au Pycnogenol®).

Le projet ValorExtr@ct sera-t-il au départ d’une success story similaire sous nos cieux ? A suivre… Et en attendant, découvrez ou redécouvrez les épisodes précédents ici :


Sources :

Le fabuleux destin de l’écorce de Pin (2014)

La crise de la filière bois (2004)