Sonar à balayage latéral, BRGM.2017

Sound system pour fonds marins

Au premier abord, cet appareil a de quoi faire frémir car il fait plus penser à un missile qu’à l’inoffensif instrument de mesure qu’il est réellement. Il s’agit en effet du sonar à balayage latéral en test dans le cadre du projet MORPHOMAR [1] et de l’Observatoire de la dynamique côtière. La difficulté de ce simple appareil tient dans son déploiement dans de très faibles profondeurs comme c’est le cas le long de notre littoral.

Le sonar à balayage latéral est tracté à l’arrière du navire Oyana en novembre 2017.

Ainsi ingénieurs du BRGM et du CNRS l’évaluent afin de voir s’il permettrait une cartographie correcte de nos fonds marins.

En octobre 2016, les premiers essais en mer ont montré la faisabilité de l’utilisation d’un tel outil. Les mesures qui ont eu lieu des 6 au 10 novembre dernier au large des plages d’Awala-Yalimapo, de Kourou et de l’Île de Cayenne ont poursuivi ce travail.

 

Le monde marin étant peu transparent à la lumière en particulier par chez nous, les méthodes d’observation classique en domaine aérien, comme la photographie aérienne, ne peuvent être utilisées pour étudier les fonds. Des procédés utilisant le son ont été développés ces dernières années : sondeur pour bateau de pêche et de plaisance, sonar, flûte sismique…

Le principe est simple : l’appareil envoie des signaux acoustiques. Suivant qu’il soit meuble ou dur, le fond marin va absorber une partie de l’énergie de ces signaux et renvoyer l’autre. Cette méthode permet d’obtenir des images en continu et en dégradé de gris. Quelle que soit la turbidité[2] de l’eau, elles dévoilent les changements de relief du fond marin : présence de rochers, fonds vaseux, etc.

Nos fonds marins étant relativement homogènes et vaseux, l’objectif de ces campagnes est d’en apprendre plus sur ce qui se passe à la limite entre vase et sable : comment la vase se déplace-t-elle à l’avant des bancs de vase ? La présence de rides ou de mégarides sur le fond marin qui sont comme des reliefs réguliers en forme de petites dunes, permet d’interpréter les courants qui les génèrent.

Image du sonar à balayage latéral et son interprétation. Réf. BRGM/RP-66388-FR Novembre 2016.

Ainsi sur l’image à droite prise lors de la campagne en octobre 2016, on observe la présence de mégarides sur le fond de l’anse de Montabo. Les courants qui entraineraient leur formation sont représentés par les flèches vertes sur les schémas.

Les résultats de la campagne menée du 6 au 10 novembre sont en cours d’interprétation par les ingénieurs du BRGM. Le rapport résultant viendra compléter les connaissances et autres éléments d’expertises sur le littoral produits, collectés et diffusés par l’Observatoire de la dynamique côtière.

Sources :
http://www.shom.fr
http://marine.geophysicsgpr.com
[1]  Projet financé par le BRGM, la DEAL et les subventions de la Pépinière Interdisciplinaire de Guyane
[2] Teneur en matériaux légers (troubles, boues, etc.) en suspension dans l’eau et qui la rend plus ou moins trouble.

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